5 albums qu’il ne fallait pas louper en novembre 2019

La fin d’année ne rime pas forcément avec ralentissement des sorties, au contraire : beaucoup de projets importants viennent de sortir, on vous fait un petit résumé à travers 5 albums qui méritent d’être écoutés ce mois-ci.

Siboy – Twapplife (92i)

Le rappeur mulhousien s’était fait relativement discret depuis Spécial, son premier album en 2017. La nouvelle recrue du 92i avait frappé fort d’emblée avec une identité très marquée : une violence sans retenue alliée à une certaine liberté vocale, Siboy n’hésite jamais à hurler, chanter et sortir de la zone de confort de la trap.

A l’étonnement de tous, ce nouvel album, Twapplife, n’a pas eu le succès escompté lors des premières semaines après sa sortie le 7 novembre dernier. Pourtant, le projet possède de réelles qualités et s’avère être un très bon second album. La production est sans doute le point le plus maîtrisé du disque : les instrus sont diversifiés et dignes d’intérêts, tout en mettant énormément en valeur les performances vocales de Siboy. Davantage de chant et de morceaux clubs, avec notamment un unique feat : Naza. Certains déploreront ce choix mais cette direction a le mérite d’explorer de nouvelles facettes et de prouver que Siboy n’était pas un pétard mouillé artistiquement.

 

TNGHT – II (Warp)

Le duo TNGHT est de retour après plus de 7 ans d’absence, leur premier EP éponyme remontant à 2012. Les deux musiciens Lunice et Hudson Mohawke n’étaient pour autant pas restés inactifs : l’album Lantern en 2015 pour HudMo, CCCLX en 2017 pour Lunice… Mais le groupe réuni manquait tout de même, les influences des deux DJs mêlées entre elles ont donné quelque chose d’assez unique, la suite était attendue au tournant.

Sobrement appelé “II“, l’album témoigne d’un TNGHT plus déchaîné que jamais. Les drops sont à la fois minimalistes et totalement surréalistes. Les influences trap sont digérés à travers des compositions sans retenues, usant de percussions plus bruitistes que jamais comme sur Dollaz. Avis aux partisans du “less is more”, TNGHT montre qu’avec davantage d’inspiration que d’éléments musicaux, il est possible d’arriver à un album frais et original.

 

SebastiAn – Thirst (Ed Banger)

Comment ne pas parler du retour d’un fer de lance du label Ed Banger ? Derrière une sobriété et une discrétion totale, le DJ laisse parler la violence de sa musique avec comme premier contact cette cover qui fait écho à son précédent album. Sur la pochette de Total, ses deux clônes s’embrassaient pour maintenant en venir aux mains sur celle de Thirst. Curieusement, ce nouvel album est pourtant beaucoup moins tapageur et déstructuré comme a pu l’être Total, sorti en 2011.

SebastiAn nous a montré toute une palette de sonorités et d’émotions différentes avec une série d’extraits au préalable, sous forme de singles. On passe d’un enfer nocturne sur le morceau Thirst à une mélancolie électronique sur Run For Me. L’album est surprenant, parfois inégal mais très consistant et diversifié. Après 8 ans d’absence, personne ne savait dire à quoi ressemblerait un projet de SebastiAn, la réponse vous attend désormais.

 

FKA twigs – MAGDALENE (Young Turks)

4 ans après le remarqué EP-concept M3LL155X (à prononcer “Melissa”), la chanteuse britannique FKA twigs revient avec un nouvel album, MAGDALENE. Toujours chez son label de coeur, Young Turks, twigs propose une nouvelle fois un album mutant, une musique difforme à mi-chemin entre chanson pop et IDM déstructuré. Peu de repères, hormis cette voix björkienne cristalline qui traverse des vagues électroniques tout en douceur. A l’image du single Cellophane, et de son clip, l’album est un rêve éveillé où rien ne semble contrôlé mais où tout s’enchaîne de manière très esthétique.

 

Doja Cat – Hot Pink (Kemosabe)

Deuxième album pour le phénomène Doja Cat. La chanteuse s’était créée une réputation de rappeuse sans filtres avec son clip, devenu meme, Mooo, en 2018. Celle-ci démontre de réelles qualités sur Hot Pink en passant d’un style trap frénétique comme sur Talk Dirty, à des chansons pop disco beaucoup plus easy-listening avec par exemple Say So. On trouve aussi des influences emo et plus introspectives sur des titres comme Bottom Bitch et Streets. Doja Cat s’adapte à tout et présente un projet hyper-abouti et beaucoup moins écoeurant qu’aurait pu laisser présager cette pochette un peu (très) kitsch. L’album reste tout de même ancré dans le hip-hop américain actuel : les prods sont calibrées pour accueillir les multiples flows dont fait preuve la rappeuse, sans oublier les deux invités du projet : Smino et Gucci Mane. Arrogante et très second degré, Doja Cat a de quoi rivaliser avec les grandes soeurs du game.