Vitalic, une triple carrière dans l’éléctro

2019 est définitivement une année importante dans la carrière de Pascal Arbez-Nicolas, alias Vitalic : une fois la tournée de ODC Live bouclée pendant la période 2017-2018, le producteur éléctro français décide de faire de 2019 l’année du renouvellement. On le retrouve donc avec deux projets différents : DIMA et Kompromat.

Vitalic, le bon

C’est sous ce nom que Pascal Arbez-Nicolas s’est imposé sur la scène française au début des années 2000. Plusieurs classiques de la french touch à son actif comme l’album OK Cowboy en 2005, des morceaux aux mélodies cultes tels que Poney Part.2, Second LivesStamina… C’est simple, Vitalic détient un style unique : une basse sévère, bien reconnaissable, accompagnée de mélodies qui réussissent à évoquer tout un éventail d’émotions très différentes. Une identité que le musicien dijonnais a su garder intacte sur son dernier album en date, Voyager, en 2017.

Côté concert, le show de Vitalic n’est pas un simple DJ set mais bien un live doté d’une vraie scénographie mouvante et un jeu de lumière qui n’est pas sans rappeler celui de Justice dernièrement. Sur scène, l’artiste s’affirme comme un vrai showman en balançant un Second Lives qui jette une euphorie générale sur le public.

Kompromat, la brute

2019 a vu l’émergence de ce nouveau projet en duo qu’est Kompromat. Les deux musiciens sont déjà bien installés dans le paysage de la musique électronique : Vitalic s’est en effet associé Rebeka Warrior, du groupe Sexy Sushi. Le mystère plane sur les intentions de cette musique chantée en allemand, aux mélodies à la fois dépressives, morbides et cathartiques. Le projet mêle audacieusement la voix plaintive de Rebeka à la touche électronique de Vitalic.

En live, le duo se masque derrière un écran de fumée quasi-perpétuel. Des rayons rouges comme seul élément lumineux viennent accentuer cette angoisse palpable du son qui résonne depuis la scène. Kompromat décide alors de tabasser comme il se doit, toute cette orchestration gothique s’enflamme lors de drops incroyables. Un projet-album unique ou une porte ouverte vers de nouvelles idées ? Personne ne le sait, mais Kompromat a déjà réussi à trouver une sonorité particulière qui le différencie parmi les jeunes projets éléctro en France.

DIMA, le truand

C’est cette même année que le producteur français décide également de faire revivre son passé musical avec l’un de ses anciens pseudonymes : DIMA. Si ce n’est pas le seul surnom que Vitalic a pu endosser au cours de sa longue carrière, c’est pourtant celui-ci qu’il a choisi de dépoussiérer. On tombe ici dans un domaine plus underground que ce dont le projet “Vitalic” nous a habitué. Pourquoi ce choix ? Une volonté de développer le projet ? Peut-être mais, pour le moment, DIMA sert surtout à exprimer la face sombre du compositeur.

On peut retrouver des EPs et morceaux sur YouTube beaucoup plus terre-à-terre, comme Washing Machine par exemple. Un mélange de nostalgie et de volonté de revenir à quelque chose de plus violent. Pascal Arbez-Nicolas ne s’est pas encombré de nouvelles productions, DIMA est un projet directement projeté en live, comme un plaisir coupable qui traîne dans la tête depuis trop longtemps, pour l’amour de la techno. C’est bien entendu non sans un fan-service que DIMA se produit en DJ set : celui-ci s’amuse à distiller des références sonores à Vitalic, sous forme de remix plus hardcore des morceaux les plus cultes.